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ESSAIS ET CRRITIQUE D ’ART Jules Saint-Aubin Au seuil d’une conscience nouvelle, de Saugy était en quête d’une nouvelle méthode de travail que ni la forme habituelle, ni l’espace connu ne pouvait lui fournir. Il lui fallait découvrir un moyen d’expression possédant une signification inexplorée, non seulement dans son acception picturale, mais aussi en termes de méthodes. Nouveaux produits, nouvelles matières, récentes techniques que l’industrie propose, rien ne lui échappe qui puisse contribuer à construire la cathédrale de lumière engendrée par sa vision d’artiste. Les essais se succédant, son choix se porte sur le verre acrylique ou plexi qui sera le support exprimant pleinement ses envies de lumières. L’œuvre est composée sur toile, puis photographiée et l’artiste procède à un complexe traitement numérique. Ces transformations permettent à l’oeuvre de se révéler en une composition abstraite surréaliste qui sera réalisées par des encres au dos des panneaux transparents. Les effets de profondeur de champ du plexi et le renvoi d’éclats lumineux rompent les limites traditionnelles de l’espace, la technique génère d’une manière étonnante un nouveau flux de particules. Ses noirs, ses bleus ou ses gris sont générateurs d’un rythme sidéral modulant les jeux aléatoires des formes, des lignes et des couleurs. Le chaud et le froid se côtoient dans un lyrisme improbable et vigoureux, ou nous fait découvrir des contours géométriques qu’effleure une sensualité musicale. S’il est une œuvre qui vous emporte dans un royaume de lumière, c’est bien celle de Catherine de Saugy. La distance, l’angle de vision, le niveau d’éclairage et même votre humeur, changeront subtilement le contenu d’une œuvre, devenue instantanément vivante. Tout est résonance et vibration pour un surréalisme qui entend restituer ses droits à l’imagination. En dehors des courants passagers, habitée par la foi d’une découverte singulière, L’artiste se donne entièrement à son œuvre, heureuse d’extérioriser sa confiance dans la lumière et dans sa technique, nous sommes en présence d’un travail remarquable en termes de modernité et de recherche artistique. Voilà une œuvre qui pourrait bien constituer par son caractère novateur, une contribution remarquable à l’histoire de l’art contemporain, ce qui saurait expliquer l’intérêt grandissant des collectionneurs. Extraits - 2008
* * * Elizabeth Auzan La musique des sphères… Quand on découvre l’œuvre de Saugy, on est d’abord frappé par le mouvement, la puissance et l’équilibre, puis par une précarité calculée et le foisonnement de couleurs profondes de ses très grands tableaux. Dans une œuvre telle que « Blowing » les nuances de bleu suggèrent l’eau mais les ocres complémentaires évoquent plutôt le désert. Tout est voilé comme par des nuages. Où sommes-nous ? Serait-ce la planète Terre vue du calme insondable de l’espace ? Libre à nous d’imaginer ce que l’on veut. De Saugy représente sa vision intime du monde qui l’entoure mais l’expérience relève de l’universel. Chacun y apporte son acquis et enrichit l’œuvre à travers ses propres yeux. L’on respire dans ce tourbillon car l’artiste aménage des espaces, des silences d’où l’on peut mieux contempler ces vents stratosphériques. Pas surprenant d’apprendre que de Saugy est également une musicienne accomplie. Dans sa façon de présenter cette œuvre en triptyque, elle orchestre savamment les espaces et leur confère une dimension encore plus grande. En somme, la musique des sphères avec l’artiste en premium mobile. On a envie de plonger dans ses univers mystérieux où le jeu des pleins et des vides est sublimé par l’utilisation d’une technique originale qui joue de la transparence du verre acrylique (…) Un nouveau jeu – d’ombres cette fois – amplifie la sensation onirique du spectateur. En effet, on traverse le miroir pour mieux entrer dans ces paysages étranges, interstellaires ou galactiques (Glaciation), légers. élégants, où poésie et sérénité riment avec puissance et maturité artistique. L’œuvre de Saugy est très contemporaine par son approche technologique mais totalement personnelle et identifiable.
* * * Franco Monteforte Ainsi tous les rêves, ceux de Catherine de Saugy, naissent de la nostalgie et la nostalgie d'une absence, de l'aspiration a quelque chose qui ne peut être atteint mais vers lequel on ne peut que de tendre.
Dans le Prélude de Tristan et Iseult de Wagner, les dissonances tendent vers leur harmonique sans jamais s'y résoudre ; elles alimentent non pas la plénitude mais le désir de plénitude, non pas l'illusion d'une fusion totale mais l'aspiration à la totalité, non pas la satisfaction de l'infini, mais le besoin d'infini. En cette secrète aspiration et par un volontaire inassouvissement, la peinture de Saugy porte toute la beauté propre et l'énergie expressive adhérente à l'infinie gamme des sentiments et des nuances de l'existence. 2001 Le opera di Catherine de Saugy … non sono cose ma signi, vale dire la sostanza stessa delle cose, quella parte di esse che resta imprigionata nella nostra anima e ne alimenta la potenza evocativa e l’energia creativa. Il me semble que les racines bien ramifiées de Saugy plongent dans le ciel. Il y a dans ses œuvres feu, rêve, énergie, tempête et sourde douleur, fougue et tendresse, tout ce que le ciel promet dans son immensité.
ANALYSES Analyse Artrinet de l’œuvre de
Le texte explicatif associé à chacun des quatre critères analysés (A - formalisme, B - matérialité, C - investissement, D - communication) positionne l’œuvre de l’artiste dans l’histoire de l’art en rappelant éventuellement les courants artistiques auxquels elle se rattache, ou les noms des artistes illustres s’étant exprimés dans une approche voisine.
A : FORMALISME A170 : A130 :
B : MATERIALITE B180 : en matérialité matérialité mixte : structurée / non structurée lorsqu’une œuvre est "structurée" dans sa "non structuration", et inversement (répétitivités de formes, de signes, de matières... Viallat, Toroni, Degottex, Hantaï,...). B240 :
C : INVESTISSEMENT CORPS / ESPRIT C120 :
D : COMMUNICATION D110 : D130 : D165 :
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